PÊCHEURS INTEMPORELS


PÉCHEURS INTEMPORELS

L’avenir appartient aux gens qui se lève tôt ; ce matin-là ce n’était pas l’avenir mais une de mes plus belles immersions. 6h20 déjà dehors, je marche puis prend un tuc-tuc direction : « fish market » Sans savoir s’il en existe un. Chouette il en existe un ! On arrive, je descends. Tout se passe au bord de la plage. Un grand marché comme je n’en avait jamais vu bien que beaucoup désiré. Des tables en bois, des tôles, du monde, des attitudes, du bruit. Des poissons malheureusement tous plus beaux les uns que les autres. Avec tant de couleur et de forme, l’appétit se nourrit. Requin, dorade coryphène et tant d’autres. En marchant je découvre sur la plage des draps étendus sur lesquelles sèchent des sardines par centaine. Les bleus argentés luisent sous ce fort soleil. Encore quelques pas et ce sont des groupes de pécheurs tous habillés de tissus aux motifs divers. Les corps chorégraphiés, bras tirant, bras poussant, bras croisés. Le chien lui est au repos attendant son poisson. Au regard de ces côtes il n’a pas l’air satisfait tous les jours. Homme et femme se confondent. Moment d’exception au plus proche du réel. Je repars en passant dans quelques rues encore peu animées pour un dernier cliché. Puis il est l’heure de rentré, l’avion dans quelques heures.


PORT DE MIRISSA

Visiter un pays par ces ports, c’est une chose que j’aime personnellement, je suis toujours en quête d’un lien avec la mer. Ce jour-là je n’en fut pas déçus, le tuc-tuc m’emmène donc pour l’installation portuaire la plus proche. Côte sud est du Sri Lanka. L’accueil du port est doté d’une stèle, nommant toutes les donations pour la restructuration du port après le tsunami de 2004. Je ne m’attendais pas à cela. Le tuc-tuc me laisse et je marche au hasard. Quelques personnes sont au travail. Recousant filer ou casier. Un chien me regard en se grattant, il pose dans des cartons déposés. Les couleurs vives, égaille le passé toujours présent représenter par un ancien bateau de pêche à moitié ensevelie. Trace de la violence qui est passé par là. Il y a des pots de peintures jaunes, rouges, des palangres rouillées dans de gros sots rongés par les uv. Puis il y a ce bateau rouge et jaune justement, imposant. Son capitaine juste à côté, nous discutons en anglais, il me parle de l’évènement, de la reprise et de la peur. Nous montons dans son bateau rénové, un moment d’émotion passe. La carrure large comme son sourire, les traits de son visage en disent long, La barbe aussi. les mains de l’artisan pécheur rongé par le sel et endurcie par le courage. Après cet échange, je redescends par cette échelle peu rassurante. Des vêtements sèches sur une corde accroché à une coque. Encore des textures et des couleurs, au sol des journaux. Sur un des morceaux déchirés entreposé au milieu de tache de peinture, le visage d’une femme maquillé regardant l’objectif, une métaphore surement.


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